



| "Nous n'avons pas peur du changement, nous ne craignons que l'immobilisme." | Envoyer |
Tribune du Chêne dans LE FIGARO - 23 septembre 2010
D’ici 20 ans, le monde aura profondément changé. Dans un environnement multipolaire, quel est l’avenir de la France, la place de l’Europe ? Comment préserver notre modèle de société, garantir la compétitivité de nos entreprises, la pérennité de nos emplois, de notre puissance économique ? Gouverner, c’est prévoir. Nous, gaullistes du renouveau, nous inscrivons dans cette vision stratégique de la politique. Vision globale, au-delà des frontières hexagonales ou européennes. Vision à long terme, au-delà des contingences de l’actualité. Prétendre que l’on peut continuer sans rien changer, c’est promettre à la France et aux Français de régresser. Parce que nous refusons la résignation et le déclin, nous affirmons qu’il faut poursuivre les réformes engagées. Nous croyons en une France capable de relever les défis auxquels elle est confrontée.
Défi de l’émergence de nouvelles puissances démographiques, économiques, technologiques ; Défi de la crise, qui a révélé les failles d’un capitalisme financier hors de contrôle ; Défi des pesanteurs de notre modèle économique et social ; Défi d’une mondialisation sans règle et sans limite, susceptible d’écraser l’homme et d’en nier les valeurs. Nous voulons moderniser notre modèle économique. Les délocalisations ne sont pas une fatalité. La France doit maintenir une importante activité de production sur son territoire, préserver ses talents et ses savoir-faire, garder une avance technologique, développer ses marchés dans les pays émergents. Pour cela, à l’initiative du Président de la République des efforts sans précédent ont été menés en faveur de la recherche et de la modernisation de l’université. Une agence française de l’innovation industrielle a été créée. Le crédit impôt recherche a été consolidé et étendu. L’effort doit être maintenu. Nous voulons restaurer notre puissance industrielle. Malgré l’excellence de nos fleurons industriels, la compétitivité de nos entreprises est insuffisante : le secteur a perdu près d’un demi-million d’emplois en 10 ans. Une politique de filière est désormais mise en œuvre pour soutenir les secteurs stratégiques. Des fonds d’investissement sectoriels sont mobilisés. La suppression de la taxe professionnelle est une réforme majeure. L’épargne existe, il faut la mobiliser. Nous voulons préserver notre puissance agricole. La maîtrise du pouvoir alimentaire est un atout dans un monde de plus en plus peuplé. Il sera déterminant pour les équilibres géopolitiques à venir. Les agriculteurs et le monde rural sont soutenus par le Gouvernement, notamment à Bruxelles. Il faut aussi conforter notre politique d’aménagement du territoire. Face à la crise économique et financière, nous ne devons pas craindre de poser des règles. L’Etat a retrouvé dans la crise sa légitimité aux yeux des plus sceptiques. Ce n’est pas un hasard si la France est moins touchée que ses voisins. En sauvant le système bancaire, nous avons préservé les fondamentaux de notre économie : emploi, production, consommation. Changer la gouvernance mondiale, créer des outils de régulation, c’est se donner les moyens d’empêcher les excès d’un système qui a montré ses limites et ses risques. Ce sera l’un des grands enjeux de la présidence de Nicolas Sarkozy du G8 et du G20. Face aux déséquilibres qui menacent notre modèle de société, n’ayons pas peur d’affronter nos problèmes structurels. Le déséquilibre démographique remet en cause la pérennité du financement des retraites : réformer notre système ce n’est pas diminuer les droits d’aujourd’hui, c’est sauver ceux de demain. Le déficit budgétaire doit régresser pour retrouver des marges de manœuvres et offrir aux générations futures une économie saine et capable de répondre à leurs besoins. En se réformant, la France se prépare aux enjeux du monde à venir. Gardons le cap en nous appuyant sur nos valeurs, en nous fondant sur une certaine idée de la France. Une certaine idée de l’Etat, garant de l’intérêt général, capable de dépasser les intérêts particuliers et immédiats. Une certaine idée de l’homme, au nom de laquelle nul ne saurait être laissé au bord du chemin. Une certaine idée de l’unité nationale, car la France n’est jamais si forte que rassemblée dans une volonté partagée de vivre ensemble. Parce que nous croyons en cette société, parce que nous avons commencé à la construire et que nous voulons poursuivre dans cette voie, nous, gaullistes du renouveau, avec notre sensibilité et nos idées, nous inscrivons pleinement et résolument dans les principes d’action de la majorité parlementaire. Une majorité solidaire, déterminée à tenir les engagements pris par le Président de la République pour faire de la France de demain le pays que les Français ont choisi en mai 2007. Une majorité audacieuse, déterminée à poursuivre les réformes pour permettre qu’on vive demain en France mieux qu’hier. Une majorité déterminée à dire la vérité aux Français sur les efforts nécessaires aujourd’hui, et totalement engagée pour leur garantir qu’ils en tireront demain les fruits. Une majorité audacieuse et généreuse, à l’image des Français. Une majorité qui connaît les difficultés mais qui croit en la France et en les Français.
Michèle ALLIOT-MARIE Jean-Paul ANCIAUX, député de Saône-et-Loire |